Recul du nombre de défaillances d’entreprises

Alors même que la crise sociale était particulièrement dégradée, avec des artisans commerçants très inquiets pour leur activité, le nombre de défaillances d’entreprises a connu une timide baisse au premier trimestre. Toutefois cette excellente nouvelle est à nuancer puisque cette diminution de 1,3 %, selon les derniers chiffres de la Banque de France[1], est en glissement sur les trois derniers mois ; le cumul sur 12 mois (de mars 2018 à mars 2019) enregistrant quant à lui une hausse de 1,7 %.

Des disparités importantes en fonction des secteurs

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer au regard de la situation actuelle, les chiffres montrent que les défaillances ne touchent pas les secteurs attendus.

Les secteurs touchés par les défaillances

En cumul, les données de la banque de France indiquent que les secteurs les plus touchés par les défaillances par rapport à mars 2018 sont :

  • les transports en forte augmentation avec 13,1 % ;
  • les activités financières et d’assurance en progression de 12,2 % ;
  • les conseils et services aux entreprises en hausse de plus de 9,4 %.

D’autres secteurs enregistrent des hausses sensibles de défaillances comme celui de l’hébergement-restauration (+3,9 %).

Les secteurs enregistrant des baisses de défaillances

Dans le même temps, certains secteurs enregistrent un vrai recul des défaillances :

  • l’information et la communication, en déclin de 5,2 % ;
  • l’activité immobilière qui enregistre une régression de 5,4 % ;
  • l’agriculture, avec une baisse de 4,7 % ;
  • le commerce à hauteur, avec un repli de 1,1 %.

Cependant, même si les défaillances reculent, force est de reconnaître que les trésoreries des entreprises et, plus particulièrement celles des commerçants, sont soumises à rudes épreuves.

Les PME, les plus concernées par les défaillances

Le nombre des défaillances a principalement progressé pour les PME : +1,1 % de hausse enregistrée. Les TPE ont, quant à elles, bien résisté puisqu’elles enregistrent une baisse des défaillances de 3,3 %. La note de la Banque de France indique également un recul de 24,5 % pour les ETI et les grandes entreprises, avec 12 défaillances en moins sur un an.

Des aides pour éviter les défaillances

Si le cumul est à la hausse, le glissement sur les trois derniers mois est en revanche très encourageant.

En effet, sur cette période, les défaillances sont à la baisse. Et, si les trésoreries restent sur certains secteurs fragilisées, le dispositif d’aides publiques, mis en place pour endiguer les impacts de la crise sociale actuelle, a permis aux entrepreneurs de maintenir leur structure à l’abri de certaines difficultés. L’État a ainsi prévu un étalement des échéances sociales et fiscales prolongées jusqu’au 30 avril 2019. De plus, les fournisseurs ont été particulièrement compréhensifs, instaurant ainsi un climat d’entente commerciale humaine et souple en attendant des jours meilleurs. Cependant, toutes ces mesures et facilités sont de l’ordre de l’exceptionnel.

 

Au regard des données cumulées ou présentées en glissement, deux visions s’opposent, ce qui rend une projection sur les prochains mois pour le moins indécise. En effet, on peut tout à la fois être tenté de se fier à l’une ou à l’autre tendance : la première qui penche pour l’augmentation des défaillances ; la seconde qui indique une baisse dans un contexte social particulièrement tendu.

 

Pour conclure, s’il est prématuré de se réjouir de la tendance positive obtenue grâce à des aides et des dispositifs d’exception, on peut cependant penser que la baisse timide des demandeurs d’emploi de catégorie A depuis janvier 2019 – moins O, 7 %, portant ainsi la baisse à 1,5 % sur un an selon les données de la Direction de l’Animation de la recherche, des Études et de la Statistique (DARES) – pourrait être un signe fort de la résilience des entreprises françaises et donc celui d’une poursuite de la baisse des défaillances.

[1] Les défaillances d’entreprises – Stat Info – Mars 2019 publiées par la Banque de France : https://www.banque-france.fr/sites/default/files/webstat_pdf/def_ent_2201_fr_si_defaillances_201903_fr.pdf