Le nouveau souffle de l’industrie française

Alors qu’on le pensait complètement abandonné, le secteur français de l’industrie s’est vu peu à peu réinvesti par des entrepreneurs à rebours du pessimisme ambiant. Leur réussite fait des émules, comme l’indiquent les récents chiffres de l’étude L’avenir de l’industrie de Bpifrance Le Lab où sept dirigeants de PME et d’ETI industrielles sur 10 se déclarent confiants en l’avenir.

Qu’est-ce que Bpifrance Le Lab ?

Bpifrance, banque publique d’investissement, a lancé un think tank dédié aux PME et aux ETI françaises : Bpifrance Le Lab.

Ce laboratoire d’idées s’est donné pour mission « d’améliorer la connaissance sur les PME en réunissant ceux qui font l’entreprise et ceux qui l’étudient. » En clair, l’idée est de créer une passerelle entre les entrepreneurs et le monde académique afin de confronter les opinions, enrichir la réflexion et ouvrir de nouveaux débats.

Quel est le contexte de l’étude menée par Bpifrance Le Lab ?

Une enquête, directement menée auprès des dirigeants de PME et ETI industrielles pour comprendre la façon dont ils se projettent dans l’avenir, n’a jamais été menée en France. Bpifrance Le Lab a donc décidé de partir à leur rencontre.

Ainsi, 2055 dirigeants sur l’ensemble du territoire, de tous les secteurs industriels, ont accepté de répondre à son enquête ; 32 ont été rencontrés. Résultat : un taux de réponse deux fois supérieur au taux moyen des études du Lab, ce qui rend particulièrement pertinents les résultats obtenus.

Quels sont les points marquants de l’étude ?

De manière générale, le panel a permis de mieux cerner les caractéristiques des entreprises industrielles françaises. Ainsi, il est à noter que :

  • 82 % des entreprises sont de type patrimonial ou familial ;
  • 18 % des répondants sont dans la filière agroalimentaire
  • 24 % des répondants ont pour secteur d’activité l’industrie métallique ;
  • 45 % des PME-ETI sont sous-traitants, activité représentant plus 50 % du CA pour plus de 23 % d’entre elles.

Points marquants de l’étude

L’étude a permis de mettre en avant des points essentiels pour l’avenir de l’industrie française.

1. L’industrie française n’a jamais été aussi optimiste

70 % des dirigeants de PME-ETI sont confiants en l’avenir du tissu industriel français quand 60 % anticipent un développement de leur activité sur les prochaines années.

2. PME-ETI préparent l’avenir avec pour priorité la modernisation de leur outil de production
  • 63 % des PME-ETI industrielles ont déjà amorcé la transformation de leur outil et schéma
  • industriel, de leur organisation ou de leur business model…
  • 37 % ont franchi avec succès la première étape de leur transformation
  • 32 % ont recours à l’open innovation
  • 68 % ont intégré au moins l’une des briques technologiques emblématiques de
  • l’industrie du futur que sont :
  • un réseau industriel sécurisé et flexible en matière de communication,
  • le machine learning,
  • la réalité virtuelle et augmentée,
  • la mobilité,
  • les technologies de collaboration,
  • les nouvelles réglementations.

Ainsi, 90 % des PME-ETI sont plutôt fières de leur outil de production qui leur permet d’envisager l’avenir de façon sereine.

3. Le rythme de la transformation doit être accéléré

Cependant, malgré cette fierté, les répondants souhaitent accélérer leur transformation. Pour y parvenir, 45 % des PME-ETI misent sur l’international et ont noué des partenariats externes. La corrélation entre innovation et international se vérifie donc à nouveau, de même que la corrélation avec la taille : plus l’entreprise est grande, plus elle est innovante et internationalisée, plus elle est avancée dans sa transformation.

Aujourd’hui, 7 entreprises sur 10 n’ont pas encore recours à l’open innovation.

4. Une industrie attractive : un souhait partagé

Avec leur approche très pragmatique des technologies, les dirigeants interrogés sont quelque peu sceptiques face au discours techno-centrique de l’industrie du futur. Pour eux, les nouvelles technologies ne doivent pas « menacer l’équilibre économique ni aller à l’encontre de la flexibilité/agilité industrielle. » Pour eux, l’avenir de l’industrie passe par l’innovation propre, rayonnant à l’international et respectant les hommes dans un souci de co-construction entre les fournisseurs, les clients et l’ensemble de ses collaborateurs.

Pour conclure, l’industrie française a un véritable avenir et de bonnes cartes en mains pour y parvenir, notamment dans un contexte de Brexit. Cependant, il est important de lever tous les facteurs de blocage de la transformation, dont l’open innovation, mais également les compétences qui demeurent des ressources rares. Il est donc primordial de rendre sa fierté industrielle à la France pour attirer les talents, notamment en portant une vision stratégique bâtie à partir du terrain.