Trois idées reçues sur la levée de fonds

Le succès de certains startuppers, qui sont parvenus à lever des montants records pour développer leur entreprise, a favorisé l’émergence d’un imaginaire fantasmatique autour de la levée de fonds que nous avons souhaité démythifier. En effet, pour assurer le succès d’une telle opération, il est essentiel d’avoir connaissance de quelques prérequis et de bien se préparer. Explications.

Idée n° 1 : une simple idée pour une levée de fonds, c’est possible et rapide

La réalité est beaucoup plus complexe. On ne peut, en effet, rencontrer des investisseurs pour leur vendre une simple idée. Seule la matérialisation d’une vision stratégique pour une entreprise existante compte. C’est pourquoi, de manière générale, les investisseurs ne se décident à entrer dans le capital d’une entreprise que lorsque celle-ci est capable de démontrer la pertinence de son concept exigeant la levée de fonds, notamment après l’avoir testé auprès de sa cible. Par ailleurs, le dossier de présentation doit être accompagné de forts signes de traction, comme une vraie croissance du chiffre d’affaires, du nombre de clients ou de visiteurs sur un site Internet, etc.

Quant à la rapidité d’une levée, l’expérience montre que sa durée court plus entre les neuf mois à un an que vers les trois mois… Il est donc primordial de disposer de la trésorerie nécessaire en attendant l’arrivée du cash.

Idée n° 2 : toutes les startups lèvent facilement des fonds

Dans le monde réel, moins de 5 % des startups cherchant à lever des fonds pour développer leur activité y parviennent ! Les success-stories ayant levé des millions d’euros ou de dollars, et présentées par la presse comme des modèles à suivre sont rares.

Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas possible de trouver d’autres alternatives de financement ou que son projet est voué à l’échec si l’on ne passe pas par la case levée de fonds. Bien au contraire. D’ailleurs, beaucoup d’entrepreneurs soucieux de s’affranchir des contraintes fortes, souvent imposées par les investisseurs, font délibérément le choix de ne pas procéder à une levée de fonds. Ils restent ainsi parfaitement libres et maîtres du destin de l’entreprise qu’ils ont créée.  

De plus, il n’existe aucune levée de fonds facile, notamment si le besoin de financement se situe entre 100 et 400 K euros. En effet, peu d’investisseurs ou de business angels disposent, à eux seuls, d’une telle somme. Il faut donc généralement réunir plusieurs partenaires pour disposer de l’intégralité des sommes recherchées pour son projet. Cela exige des connaissances, des réseaux, mais surtout de la patience.

Idée n° 3 : lever des fonds assure la réussite du projet

Lever des fonds ne veut pas dire que l’on va trouver un modèle de développement rentable. De nombreux exemples le confirment. Les 38 millions de dollars levés par HomeJoy lui ont-ils évité la chute en 2015, par exemple ? On voit donc bien qu’une levée de fonds n’est pas garante de la réussite d’un projet. C’est une première étape vers la concrétisation d’une vision entrepreneuriale, d’un projet innovant et créateur de valeur qui exige une attention de tous les instants. En effet, une fois l’argent viré sur le compte en banque de l’entreprise, il faut se retrousser les manches pour atteindre les objectifs de croissance qui ont été vendus aux investisseurs. Il n’y a pas de temps à perdre pour mettre en place un plan d’actions efficace tout en maitrisant parfaitement les dépenses, car il ne s’agit pas de tout dépenser en quelques mois.

En conclusion, une levée de fonds impacte fortement une entreprise. C’est un long processus qui ne se règle pas en un claquement de doigts. Il est donc particulièrement important que le porteur de projet mûrisse le plus possible son projet.