Comment valoriser mon entreprise avant sa transmission ?

Si vous êtes parvenu à dépasser l’important conflit psychique qu’entraine toujours l’idée d’une transmission d’entreprise, il est temps de penser à la valoriser, c’est-à-dire à l’estimer. Cette estimation se réalise tant en fonction de ses performances actuelles que de son potentiel, l’idéal étant de vous faire épauler par un expert durant toute la durée de valorisation.

Pourquoi faut-il valoriser son entreprise avant sa transmission ?

Pour imager, on pourrait dire que le processus de valorisation est à l’entreprise ce que le home staging est à l’immobilier. Le but d’une valorisation est de rendre attractive votre entité pour en faciliter sa cession au meilleur prix. Mais, une valorisation peut également être menée en dehors d’une transmission d’entreprise, notamment dans le cadre d’une levée de fonds afin de déterminer le prix qui sera proposé aux potentiels investisseurs.

Quelles sont les étapes précédant une valorisation d’entreprise ?

Préparer une valorisation en vue d’une transmission d’entreprise exige une période préparatoire à ne pas négliger. Celle-ci est ponctuée de plusieurs étapes, plus ou moins simples à franchir.

Se préparer psychologiquement à la transmission

Envisager de céder ce qu’on a créé et fait grandir avec patience et dévouement ne signifie aucunement que l’on y soit prêt. Avant même de penser à la valorisation et à sa transmission de votre entreprise, il est essentiel de vous préparer psychologiquement à vous séparer d’une partie de ce qui fait aujourd’hui votre vie. Cet aspect-là est souvent négligé alors même qu’il conditionne la pleine et entière réussite de l’opération. Vous devez vraiment être prêt à passer le relais.

Préparer votre entreprise à sa transmission

Vous avez fait le tri dans votre esprit et vous êtes serein à l’idée d’une transmission d’entreprise. C’est parfait. Maintenant, c’est à votre entité d’être bien préparée à poursuivre ses activités sans vous. Au cours de cette étape, il est vivement recommandé de vous appuyer sur des experts (comptables, conseillers financiers, organismes divers) pour réaliser les diagnostics indispensables qui permettront de bien analyser l’entreprise selon différents angles :

1. Économie et stratégie

Ici, le diagnostic portera essentiellement sur :

  • l’entreprise et son marché (atouts, faiblesses, menaces, opportunités…),
  • ses produits et ses services mis en perspective avec les tendances du marché,
  • compétitivité,
  • ses perspectives d’évolution,
  • etc.
2. Organisation et RH

Sur ce point, il s’agit de préparer l’après-transmission d’entreprise :

  • en répartissant les tâches,
  • en identifiant les personnes-clés,
  • en réorganisant le management,
  • en anticipant les recrutements des futurs talents,
  • etc.
3. Climat social et RSE

Une transmission d’entreprise doit être réalisée dans un climat de confiance et de sérénité. Veillez à bien préparer votre départ et l’arrivée de votre repreneur en examinant :

  • le climat social qui y règne,
  • le taux d’absentéisme,
  • le turn-over,
  • les grilles de salaires
  • la parité hommes/femmes,
  • conformité avec réglementation,
  • etc.
4. Moyens et outils industriels

Jusqu’à ce que vous signiez l’acte définitif de transmission d’entreprise, il est de votre devoir de poursuivre vos efforts de développement — en évitant les trop gros investissements —, notamment en matière :

  • de locaux et d’implantation,
  • d’outils de production,
  • d’entretien du matériel,
  • d’infrastructure informatique,
  • etc.
5. Réglementation

Tous les points classiques doivent être contrôlés :

  • sécurité,
  • hygiène,
  • environnement,
  • emploi des personnes handicapées,
  • etc.
6. Comptabilité et finances

Il est essentiel de performer vos indicateurs de solvabilité et de rentabilité afin d’atteindre un équilibre optimum avant votre transmission d’entreprise. Vous pouvez ainsi :

  • morceler le patrimoine privé (logement, collection…),
  • renégocier vos emprunts en profitant de taux plus avantageux,
  • vérifier vos immobilisations et vos stocks,
  • contrôler le niveau de trésorerie,
  • comparer vos indicateurs avec ceux d’autres entreprises du même secteur,
  • opter pour des comptes au plus près du réel et non des comptes fiscaux,
  • etc.
7. Droit

Là, il s’agit de vérifier que tous les aspects juridiques inhérents à la vie de l’entreprise sont parfaitement en ordre :

  • statuts de l’entreprise,
  • bail,
  • nantissement de fonds de commerce,
  • contrats commerciaux,
  • contrats de travail,
  • etc.

Comment valoriser sa société avant sa cession ?

Si le travail préparatoire participe grandement à corriger les imperfections et à dégager des atouts forts de l’entreprise, il ne suffit pas à donner une estimation absolue à celle-ci. Et, si une valeur est subjective et intègre une vision économique et financière tirée de l’existant, un prix, quant à lui, est bien concret et le fruit de négociations. Ne confondez pas les deux.

Pour vous aider à estimer un prix à présenter aux acquéreurs intéressés par votre offre de transmission d’entreprise, il existe différentes méthodes de valorisation selon que vous cédez un commerce ou une entreprise.

Valoriser son fonds de commerce

Les deux méthodes les plus courantes de valorisation d’un fonds de commerce se fondent tantôt sur un barème, tantôt sur la rentabilité.

Méthode sur barème

Utilisée par l’administration fiscale, cette méthode consiste à appliquer un coefficient multiplicateur (variable selon le secteur d’activité) au chiffre d’affaires TTC. Son plus gros défaut est qu’elle ne répercute aucunement dans son calcul la rentabilité du commerce, son emplacement, sa notoriété, etc.

Méthode sur critères de rentabilité

Avec cette méthode, on applique un coefficient à la moyenne des excédents bruts d’exploitation (EBE) ou des résultats nets des précédents exercices. Puis, une pondération affine les résultats en fonction de critères pertinents tels que l’emplacement, la notoriété…

Valoriser son entreprise

Il existe différentes méthodes utilisées pour valoriser une entreprise. Tout dépend de l’angle adopté pour en faire la lecture.

Approche patrimoniale

Cette approche s’attache à valoriser l’entreprise en fonction de ce qu’elle possède après déduction des dettes, selon la méthode de l’actif net corrigé.

Approche de rendement

Cette approche s’attache à valoriser l’entreprise en fonction de ce qu’elle rapporte, que l’on évalue en actualisant les cash-flows futurs estimés ou en utilisant un multiple de l’excédent brut d’exploitation.

Approche comparative

Cette approche consiste à donner le même prix à son entreprise que ceux payés par des repreneurs pour des entreprises comparables.

Approche mixte

Cette approche combine différentes méthodes entre elles afin de parvenir à une valorisation moyenne qui intègre la vision la plus élargie possible de l’entreprise et de son marché.

Pour conclure, quelle que soit la méthode de valorisation que vous choisirez, elle comportera toujours des éléments subjectifs. En effet, une entreprise est une matière vivante qui doit en grande partie sa valeur à vos décisions alors qu’il est bien difficile d’évaluer celle à venir sans vous. Préparez donc un mémorandum clair. Anticipez les questions délicates que pourraient vous poser les potentiels repreneurs. Enfin, pensez à élaborer un plan de transmission d’entreprise définissant clairement l’objet de la vente et son périmètre — fonds de commerce, titres, patrimoine immobilier, etc. –, pour choisir les montages juridiques et fiscaux les plus pertinents.